Parc et jardins

Lorsque le Prince de Conti achète Stors, il fait appel à l'architecte Contant d'Ivry pour le moderniser et agrémenter le parc. Un travail gigantesque est entrepris pour réaliser un jeu de terrasses. Le bassin face au château, figurant déjà sur un plan du 17ème siècle, est entouré d'un talus en glacis, menant aux salles souterraines. Dans ces salles on rangeait les vases d'ornement du parc et les bulbes. Sur la deuxième terrasse se trouve une roseraie et deux pavillons chinois, enfin la troisième terrasse, soutenue par des arcades de pierres offre une vue superbe sur le château et l'Oise. Cet ensemble est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Le Prince de Conti avait pour jardinier Monsieur Thouin et son fils Jean André. A cette époque régnait sur Stors Madame Panneau d'Arty, favorite du prince; sa sœur Madame Molé vint un jour la voir en compagnie de Buffon qui, laissant ces dames bavarder, va se promener dans le parc où il rencontre les jardiniers Thouin. Buffon débauche le fils Thouin et l'emmène à Versailles où il le fait nommer jardinier chef du jardin du Roi. Plus tard son fils André remplacera Jussieu à la tête du Jardin des Plantes.

Revenons dans le parc de Stors où les structures sont encore très lisibles. Face au château, des allées symétriques ornées de tilleuls de Hollande rappellent le jardin classique à la française. Plus au Nord, l'extension du parc à la révolution permet la création d'un jardin à l'anglaise où des allées sineuses mènent à une grotte. Cette ancienne carrière est aménagée en grotte romantique où séjournèrent deux ours de Sibérie, cadeau du tzar Nicolas II à son ami Gustave Lannes de Montebello.

Gràce à un plan de 1780 nous avons pu retrouver dans l'ancien potager, un bassin haricot, typique du style de Contant d'Ivry ainsi qu'un autre bassin en forme de lyre, qui permettaient l'arrosage du potager.

 

Au début du 19ème siècle, Madame Ardant fait l'inventaire de la flore de Stors. D'une variété exceptionnelle cette collection de plantes a dû être entreprise par Conti. Madame Ardant partage sa passion pour les roses avec son amie Joséphine de Beauharnais et nous retrouvons à Stors des variétés de rosiers jusque-là uniquement connues à la Malmaison comme le rosier Lady Banks. Des serres chauffées existaient en ce début du 19ème siècle où poussaient poivriers, vanilliers, théiers et autres plantes exotiques. Le projet est de reconstituer une roseraie digne de Joséphine et de Madame Ardant. A la fin du 19ème, 17 jardiniers entretenaient le parc, le chef jardinier demeurait au Tournebride, charmant bâtiment, décrit par Balzac dans son roman "Un début dans la vie". Existe encore le coffre fort (vide hélas !) où l'on serrait le salaire des jardiniers. On trouve mention du Tournebride dès 1334. A l'époque, c'était une auberge et la maison du passeur. En attendant le bac pour traverser l'Oise, les voyageurs pouvaient s'y restaurer, Ysabelle la tavernière était aux fourneaux et Dame Coquillette était chargée de percevoir le montant du passage. Le Tournebride est en très mauvais état aujourd'hui mais nous espérons pouvoir le sauver, ne serait-ce que pour Dame Coquillette.

Après avoir planté une bonne centaine de tilleuls de Hollande et deux cent cinquante charmes il nous reste encore beaucoup à faire l'hiver prochain. Nous vous informerons de l'évolution du chantier mais pour saisir l'atmosphère de Stors et entrer dans sa magie, rien ne vaut une visite. C'est ce que je vous invite à faire.

 

 

En novembre 2007, l'association ARBRES a donné le label « Arbres remarquables de France » aux tilleuls et platanes du parc.

 

 

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